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Perle du monde : le bush australien

Photo du rédacteur: Naudin Joyce
Naudin Joyce
17 nov. 2023
3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Dans cette série, je te ramène de loin des manières de vivre qui m'ont arrêtée. Pas des méthodes à appliquer : des regards. Il y a quelque chose d'apaisant à découvrir qu'ailleurs, on a trouvé d'autres réponses aux mêmes questions — ça élargit la pièce dans laquelle on pense.

paysage du bush australien
Le bush : ni forêt, ni désert, une étendue qui ne finit pas.

Aujourd'hui, direction l'Australie, et un mot qui n'a pas vraiment d'équivalent chez nous : le bush. Ce n'est ni la forêt ni le désert, c'est cette étendue de broussailles, d'eucalyptus et de terre rouge qui occupe l'essentiel du continent, où l'on peut marcher une journée sans croiser personne.

Les Australiens entretiennent avec cette étendue un rapport qui m'a frappée. Elle n'y est pas un décor de vacances : c'est un endroit où l'on va se remettre d'aplomb, et l'idée paraît aller de soi là-bas.

Ce que recouvre vraiment le « bush therapy »

On lit souvent cette expression comme s'il s'agissait d'une thérapie qu'on pourrait s'administrer en allant marcher. Il vaut mieux rectifier, parce que la réalité est plus intéressante.

Il existe en Australie un champ de pratique structuré, avec ses praticiens formés et ses associations professionnelles, qui emmène des groupes — souvent des adolescents en difficulté — vivre plusieurs jours dans la nature. Ce qui s'y joue tient autant au groupe, à la durée et à l'accompagnement qu'au paysage lui-même. Ce n'est pas une promenade : c'est un dispositif encadré.

Autrement dit, personne ne fait de bush therapy toute seule un dimanche après-midi. Ce qui n'empêche absolument pas d'en retirer quelque chose, et c'est là que ça nous concerne.

Ce que l'on sait de la nature et de l'humeur

Le temps passé dans des environnements naturels est associé, dans de nombreux travaux, à une humeur meilleure et à une tension moindre. L'effet est réel et il est modéré : il ne résout pas une situation difficile, il adoucit la manière dont on la traverse.

Les mécanismes, eux, restent discutés. On avance l'attention qui se repose quand elle n'a plus à trier des sollicitations, le mouvement du corps, la lumière du jour, le silence. Probablement tout cela ensemble, sans qu'on sache faire la part de chacun.

Dire que la nature « a un pouvoir de guérison » serait aller trop loin, et je préfère te le dire franchement plutôt que de te laisser attendre d'une forêt ce qu'elle ne peut pas donner. Ce qu'elle offre est plus modeste et déjà beaucoup : un endroit où l'on redevient une petite chose vivante parmi d'autres, ce qui allonge singulièrement la perspective.

Ce que tu peux en prendre, sans partir en Australie

Quatre choses se transposent, et aucune ne demande un désert.

La durée. Vingt minutes dehors ne produisent pas le même effet qu'une demi-journée, parce qu'il faut du temps pour que la tête cesse de dérouler sa liste. Si tu peux, préfère une longue sortie par mois à dix courtes.

Les sens plutôt que les pensées. Non pas réfléchir dehors, mais écouter, sentir, regarder la lumière changer. C'est l'inverse d'une marche passée à ruminer, et ça s'apprend.

Le corps qui fait quelque chose. Marcher, ramasser, grimper un peu, avoir froid puis se réchauffer. Le corps engagé occupe une place que l'esprit lui laisse volontiers.

Et quelqu'un avec soi. C'est l'ingrédient que les programmes australiens considèrent comme central, et celui qu'on oublie le plus souvent en le réduisant à une affaire de paysage. Marcher à deux, sans avoir à se regarder, dénoue des conversations qu'un salon ne dénoue pas.

Un mot de prudence sur un point : les rituels avec le feu circulent beaucoup dans ce registre. Dehors, un feu demande un lieu autorisé, de la vigilance et de l'eau à portée de main. Et si l'idée est de brûler un écrit qui touche à quelque chose de lourd, prévois ce que tu feras après, et choisis un jour où tu te sens solide.

Rien de tout cela ne remplace un accompagnement si tu traverses quelque chose de lourd. Ce sont des appuis, pas des soins, et la différence compte.

Il te reste à trouver ton bush à toi. Un bois au bout de la route, un chemin le long d'une rivière, un bout de côte en hiver quand il n'y a plus personne. L'échelle n'a aucune importance : ce qui compte, c'est que ce soit vivant et que ça ne t'attende pas.

Cet article relève de l'information générale et du développement personnel. Il ne remplace ni un avis médical, ni un suivi psychologique.

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